Homélies de Noël 2024
Homélie de la nuit de Noël 2025

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9,1). La lecture du prophète Isaïe renvoie à l’époque troublée du 8ème siècle avant Jésus-Christ. Relativisant les commandements de Dieu, le peuple a laissé se creuser l’écart entre riches et pauvres. Et face à la montée en puissance des pays voisins, le roi accepta des alliances avec eux au détriment du bien spirituel et culturel de son pays.

A près de trois mille ans de distance, cette situation rejoint celle du monde actuel avec ses tensions au niveau culturel et social et ses peurs face à l’avenir de la planète.

Le besoin de lumière devient alors plus fort, mais comme au temps d’Isaïe, la lumière n’est pas automatiquement cherchée auprès de Dieu. Nous le voyons dans notre société, la quête de lumière peut être attirée vers les idéologies du matérialisme et de l’individualisme qui remplacent Dieu par l’homme.

 

Malgré cela, Dieu le créateur ne reste pas indifférent au sort de la création et de l’humanité et ne se lasse pas de réveiller les consciences en intervenant dans l’Histoire. Dans la période troublée du prophète Isaïe, il manifeste sa volonté de paix pour son peuple en assurant un successeur au roi Acaz. La naissance du prince Ezechias suscitera une immense joie, c’est véritablement une lumière au cœur des ténèbres.

Bien plus, cette naissance d’un prince terrestre n’était que l’annonce de la naissance de Jésus, son Fils qui seul pouvait porter les noms glorieux évoqués par Isaïe : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix » (Is 9,5). Lui seul, le Fils de Dieu, pouvait assurer la paix et la justice au Peuple et au monde entier, comme l’ont annoncé les anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2,14).

Jésus est véritablement la lumière qui s’est levée et qui non seulement éclaire les ténèbres, mais les chasse. Il a non seulement pris sur lui notre condition humaine et vécu toutes ses étapes jusqu’à la mort, mais par sa résurrection, il a mis sous ses pieds les puissances du mal et de la mort et nous garde sous son Règne de paix et de justice.

 

Avant la Messe de la Nuit à la Basilique Saint-Pierre de Rome, le Pape François a procédé à l’ouverture de la Porte-Sainte pour inaugurer l’Année jubilaire. La Porte désigne Jésus le Sauveur qui fait entrer dans la vie en Dieu, mais également l’humanité qui a le choix d’y entrer ou non.  Pour nous qui célébrons en cette nuit, Jésus le Sauveur, Prince de la Paix et Roi de justice, le Jubilé est une occasion comme l’affirme le Pape de faire « l’expérience vivante de l’amour de Dieu qui suscite dans le cœur l’espérance certaine du salut dans le Christ » (Bulle d’indiction, 9 mai 2024, n.6).

 

L’ouverture du Jubilé en cette Nuit de Noël nous permet de nous réjouir de la lumière de paix et d’espérance que le Christ porte au monde. A nous d’entretenir cette lumière par l’huile de la prière en cette église comme dans nos maisons. A nous d’expérimenter la force de réconciliation et de paix d’une prière en communion avec l’Eglise répandue à travers le monde. Devant le Christ dans l’eucharistie en cette église comme devant Jésus dans les crèches de nos maisons, il est bon que nous exprimions notre communion de prière avec les communautés chrétiennes, dans les régions de conflits comme dans celles qui jouissent de la paix, dans les pays prospères comme dans ceux qui manquent du nécessaire, dans les zones protégées des cataclysmes naturels comme dans celles qui y sont exposées.

Le Christ est à la fois la porte de la paix et de la vie, et la lumière qui en éclaire l’accès. Il ne nous reste qu’à répondre généreusement et joyeusement à son invitation.

Article publié par Service communication • Publié le Jeudi 26 décembre 2024 - 11h36 • 98 visites

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