Homélie : Solennité de l'Assomption

15 août 2022 à la Cathédrale de Cambrai

« Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée » (Lc 1,39).

Dès son consentement à devenir la mère du Fils de Dieu, la Vierge Marie s’empresse de partager la nouvelle extraordinaire du salut de Dieu en œuvre. Aujourd’hui en son Assomption, Marie demeure la première missionnaire. Elle vient éveiller le cœur des hommes à la vie divine tout au long de l’Histoire et sur tous les continents, que ce soit sur une colline à Guadalupe au Mexique, dans une forêt à La-Vang au Vietnam ou encore dans la grotte de Lourdes. Bien plus, elle vient partout dans le monde accompagner les chrétiens dans leur mission d’annonce et de service de l’Evangile.

Comme à l’Annonciation, la Vierge Marie nous apprend à recevoir le Christ dans notre vie ; comme à la Visitation, elle nous entraîne à le porter au monde. Elle nous aide surtout à lier prière et témoignage. L’un ne va pas sans l’autre. Le Christ qui est le sauveur et la vie des hommes, ne peut être gardé pour soi, dans une relation intimiste. Il est là pour la vie des hommes et celui qui l’accueille est entrainé vers les autres. Et en sens inverse, plus on est amené à témoigner du Christ en paroles et en actes, plus on s’ouvre à la grandeur de son identité d’Homme-Dieu et à la joie de sa présence à nos vies.

 

La Vierge Marie indique l’évangile : « entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth » (Lc 1,40). Marie se rend chez ses proches, elle accepte d’être témoin dans sa propre famille. Nous le savons par expérience combien il est difficile de partager sa foi entre parents ou amis. Les relations peuvent y devenir exclusives voire fusionnelles et empêcher la personne de prendre une voie plus originale, de répondre à une aspiration professionnelle ou religieuse particulière. Jésus lui-même s’est heurté à l’incompréhension de ses proches tout en les invitant à la conversion : « Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la gardent » (Lc 11,28). Malgré les obstacles, c’est dans nos relations quotidiennes que nous pouvons témoigner concrètement de notre foi au Dieu tout-autre qui s’est fait tout-nôtre en Jésus. 

Ce sont souvent les enfants qui nous rappellent à cette Bonne Nouvelle, même s’ils se heurtent à la superficialité des adultes voire à leurs moqueries. Une grand-mère me disait récemment sa surprise mais aussi sa gêne devant les autres, quand son petit-fils a fait le signe de croix au début du repas et a invité les convives à en faire autant. Il est bon que la spontanéité des enfants nous arrache à nos démissions par peur du qu’en dira-t-on, ou à nos lâchetés par rapport à l’antichristianisme ambiant.

 

L’évangile poursuit : « Elisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte ‘tu es bénie entre toutes les femmes' […] Marie dit alors : ‘Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur’ ». Aujourd’hui encore, Marie nous encourage à la prière au cœur de nos activités quotidiennes et de nos relations familières. Cette humble prière peut faire germer le règne de justice et de paix dans toutes les situations humaines, comme la Vierge Marie l’a indiqué lors de la Première Guerre mondiale à Fatima, en venant apprendre à des jeunes bergers à bien prier le chapelet.

Si nous désirons une Eglise plus vivante et plus missionnaire, il nous faut soigner la prière dans nos familles. Celles auxquelles j’ai été associées comme prêtre et évêque lors de visites à domicile, sont gravées dans ma mémoire comme des cadeaux de la présence de Dieu, Trinité d’Amour.

Plus largement, toutes les réunions, du conseil économique à l’équipe liturgique, ne devraient jamais se tenir sans un temps de prière pour nous garder dans le souffle et la lumière de l’Evangile.

Dans son Exhortation La Joie de l’Evangile, le Pape François rappelle combien la mission de l’Eglise passe par l’engagement de chaque baptisé : « Maintenant que l’Église veut vivre un profond renouveau missionnaire, il y a une forme de prédication qui nous revient à tous comme tâche quotidienne […] Être disciple c’est avoir la disposition permanente de porter l’amour de Jésus aux autres, et cela se fait spontanément en tout lieu : dans la rue, sur la place, au travail, en chemin » (n.127).

Le sacrement de la confirmation que je vais conférer à l’un de vous en ce jour, signifie le don de l’Esprit de Dieu pour fortifier la foi du baptisé en vue de la mission.

 

Dans cette célébration de la confirmation et de l’eucharistie, puissent ceux qui ont été confirmés demander le soutien de la Vierge Marie pour les garder dans le souffle missionnaire. Puissent ceux qui sont baptisés demander le soutien de Notre Dame pour se préparer à la Confirmation et ceux qui désirent le baptême pour entrer en catéchuménat.

 

Article publié par Service communication • Publié le Lundi 22 août 2022 • 218 visites

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