"Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous" (Jn 1, 14)

Édito de décembre 2019

« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » (Jn 1,14)

 

Ce verset de l’évangile n’a cessé d’être mis en musique et proclamé quotidiennement dans la prière de l’Angelus. Le temps de Noël nous invite à contempler le Christ, Verbe de Dieu fait chair et à en tirer les conséquences pour notre vie. C’est l’occasion pour nous d’approfondir notre foi en Jésus, vrai Dieu et vrai homme, comme nous le proclamons dans le Credo.

 

Affirmer que le Christ soit vraiment homme, semble aller de soi. A part quelques auteurs en recherche de sensationnel, l’existence de Jésus n’a jamais été mise en doute. Comme chrétiens, nous affirmons que le Christ a reçu de la Vierge Marie une nature identique à la nôtre hormis le péché.

Si le Christ a pris un corps comme le nôtre, il avait également une âme vraiment humaine, il partageait nos sentiments humains. Il savait admirer les lys des champs, il éprouvait de la tendresse pour Jean dont il laissa reposer sa tête sur sa poitrine. Et il était pris par la peur face à la perspective de sa condamnation à mort et de l’atroce supplice de la croix. Il n’a pas eu d’attitude stoïque durant la passion, mais il s’est abandonné à la volonté du Père dans la tristesse et l’angoisse.

Ainsi, en accomplissant la Rédemption sur la croix, il sera bien notre représentant. Quand il offre sa vie à Dieu, il est réellement qualifié pour le faire en notre nom à tous.

 

Si le Christ est vraiment homme, l’Ecriture atteste en même temps qu’il est vraiment Dieu. Sa divinité, il l’a notamment révélée par sa prière où il s’adressait à Dieu en le nommant ‘Abba, papa’. Personne jusque-là n’avait osé prier Dieu avec une telle familiarité. Jésus pouvait le faire parce qu’il est le fils de Dieu au sens fort du terme. C’est bien le motif qui a conduit les autorités juives à condamner Jésus à mort.

Aujourd’hui comme hier, nombreux sont ceux qui reconnaissent le Christ comme un être exceptionnel, comme un prophète, mais qui lui récusent l’identité divine. Pour les chrétiens, le Christ est Dieu et peut ainsi communiquer la vie divine aux hommes.

 

L’Ecriture et la vie de l’Eglise attestent : Dieu s’est fait chair en Jésus-Christ. Il est à la fois vrai Dieu et vrai homme. Il est bien une seule personne, le Fils bien-aimé de Dieu, une seule personne en deux natures, divine et humaine. En lui, elles ne se confondent pas et ne s’opposent pas non plus. Elles sont intimement unies. Jésus l’exprimera admirablement dans sa prière la veille de sa mort : « Et maintenant, Père glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que fût le monde » (Jn 17,5).

 

La fête de Noël veut nous aider à vivre de notre foi en Jésus vrai Dieu et vrai homme. En partageant notre condition humaine en tout sauf le péché, le Christ a témoigné du prix inestimable que chacun a pour Dieu, quels que soient sa situation sociale ou son état de santé. Bien plus, parce qu’il n’a pas connu le péché, Jésus manifeste l’œuvre de renouvellement de l’humanité que Dieu désire réaliser. L’Incarnation du Fils de Dieu indique que le salut de Dieu est concret ; la vie divine s’offre à toute notre personne, corps et âme et elle veut être en germe dans toute notre existence, avec ses projets et ses échecs.

 

Ceux qui entendent le message de Noël sont appelés à promouvoir une civilisation de la vie en commençant par leur entourage familial et professionnel. Ainsi un  sursaut d’humanité viendra renouveler notre monde malade de la course égoïste pour l’avoir et le pouvoir.

 

A chaque eucharistie se fait un geste discret mais au combien encourageant pour l’engagement en faveur de la vie. Lors de l’offertoire, avant la présentation du calice, le prêtre y verse le vin et un peu d’eau en disant : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité ».

 

« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous ». Nous pouvons même affirmer : « il continue d’habiter parmi nous ». En reconnaissant le Christ, vrai Dieu et vrai homme, nous pouvons accueillir le cadeau de la vie divine qui offre espérance et joie au monde.

 

   Noël 2019

+ Vincent Dollmann

Archevêque de Cambrai

 

Article publié par • Publié le Vendredi 20 décembre 2019 • 419 visites

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