Homélies et prédications
15 août 2026 Cambrai
Homélie - Assomption 2026 : « Sa Miséricorde s’étend d’âge en âge »

Après avoir rendu grâce pour l’œuvre de Dieu dans sa vie, la Vierge Marie poursuit son Magnificat pour le monde qui est appelé à accueillir les flots de la miséricorde divine. La miséricorde c’est l’amour de Dieu qui purifie et régénère ; elle a pris un visage concret, celui de Jésus que la Vierge Marie a porté en son sein. Il s’est fait proche de Nicodème, le docteur de la Loi comme de Bartimée, l’aveugle mendiant. Il a parcouru toutes les étapes de la vie d’homme, de la conception à la mort. En lui, la miséricorde divine a pu toucher tous les hommes et tout l’homme. En lui, elle offre la libération du mal et l’élévation au ciel, comme le chante Marie : par sa miséricorde, Dieu « disperse les superbes, renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles ».

 

« Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ». Marie invite à accueillir cette miséricorde en devenant à sa suite craignant Dieu, c’est-à-dire serviteur de Dieu, comme elle l’a l’affirmé devant l’ange Gabriel à l’Annonciation. Craindre et servir Dieu pour la Vierge Marie signifiait placer son existence sous le regard de Dieu et la laisser guider par son amour miséricordieux. En raison de son cœur immaculé, libéré du péché, Marie vivait une parfaite unité entre l’attachement ferme à la volonté de Dieu et le service humble du prochain. Elle proclamait la grandeur de Dieu tout en posant les gestes simples de la vie quotidienne, comme la visite à sa cousine Elisabeth ou encore l’aide aux tâches domestiques dans les trois derniers mois de sa grossesse.

Par le baptême, le Christ mort et ressuscité nous a plongé dans la vie nouvelle animée par l’amour de Dieu et dont vivait la Vierge Marie. Nous pouvons lui emboiter le pas, bien plus nous pouvons compter sur son soutien. Avant de mourir, Jésus nous l’a donnée comme mère à travers son disciple Jean.

 

« Sa miséricorde s’étend d’âge en âge ». Nous avons désormais la mission de proclamer la miséricorde de Dieu et d’en vivre à la suite et avec la Vierge Marie. Cette mission concerne tous les domaines de nos activités, y compris nos engagements dans la société. Comme baptisés, nous devons nous aider mutuellement à rendre compte des repères de la foi et en même temps à vivre selon l’amour de Dieu. C’est notre manière de servir notre patrie à travers les soubresauts de l’Histoire. C’est en ce sens qu’après l’adoption de la loi sur la fin de vie en juin dernier, j’invitais à la fois à exprimer clairement notre refus de l’euthanasie et à nous engager pour la visite des personnes malades ou âgées.

 

Il se trouve que la ville de Cambrai est pavoisée du drapeau tricolore depuis la fête nationale du 14 juillet. Cela est bien ainsi et nous permet de rappeler que l’Assomption était la première grande fête nationale depuis le 17ème siècle, lorsque le roi Louis XIII, fit consacrer la France à Notre-Dame.

Comme en souvenir, le drapeau national porte près du mat la couleur bleue, couleur qui fut dès le Moyen Age attribuée à la Vierge Marie. Dans le prolongement du bleu, les couleurs blanc et rouge renvoient aux différents régimes politiques qui ont marqué l’Histoire de France.

Le drapeau tricolore nous invite à placer nos vies et notre pays sous la protection de Notre Dame afin qu’elle nous garde fidèles à la fois à l’attachement inconditionnel à l’Evangile et au service humble du prochain. Avec elle, nous garderons ainsi le cap vers la patrie céleste, notre patrie définitive. Pour nous même et pour notre pays, reprenons le chant de la route : « Mon âme exalte le Seigneur […] Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. […] Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais ».

 

 

 

Article publié par Service communication • Publié le Lundi 17 août 2026 • 84 visites

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