Homélie : 1er Dimanche de Pâques 2019

Le premier jour de la semaine, c’est Marie-Madeleine qui découvre la première le tombeau vide et l’annonce aux apôtres. Après le passage de Pierre et de Jean, Marie-Madeleine verra le Christ ressuscité.

Si Madeleine a été choisie comme premier témoin de la résurrection, c’est d’abord parce qu’elle est une femme, et comme femme, elle a un rapport intérieur immédiat au mystère de la vie. C’est la femme qui peut porter un enfant, c’est la femme qui peut le mieux rendre compte du prix inestimable de la vie.

 Déjà pour exprimer sa proximité au peuple exilé et sans défense, Dieu se comparait à la maman qui chérit son tout petit. Et il ajoutait : « même s’il se trouvait une mère pour oublier son enfant, moi, je ne t’oublierai jamais » (Is 49).

Comme femme, sainte Madeleine peut attester que la résurrection du Christ est la victoire de la vie sur le mal et la mort et qu’elle permet à toute l’humanité de participer à cette victoire.

Mais Marie-Madeleine est également une croyante et un disciple de Jésus ; elle s’était attachée de tout son cœur au Christ. Dans le jardin de la résurrection, elle découvre que l’amour du Christ conduit l’humanité au Ciel et elle atteste ainsi que la vie victorieuse sur le mal et la mort est une vie d’amour.

Le cheminement de foi de Marie-Madeleine est un cheminement dans l’amour du Christ qui permet à tout disciple de devenir un témoin de sa résurrection.

La première rencontre avec le Christ a eu lieu au cours d’un repas et fut l’expérience d’une libération. S’étant reconnue pécheresse, elle n’a pas hésité à verser ses larmes sur les pieds du Christ et à les essuyer avec ses cheveux.

Contrairement aux convives, elle a su reconnaître en Jésus le serviteur de l’amour de Dieu qui vient guérir et sauver. Elle s’est laissée toucher par cette démarche de Dieu qui allait la guérir de ses difficultés à aimer et à se laisser aimer.

Et avec le pardon du Seigneur, Marie-Madeleine a accueilli l’invitation à aller en paix. Elle a accepté un nouveau départ, en cherchant à vivre avec le soutien de Dieu.

Dans les évangiles, elle est encore connue comme celle qui aux côtés de sa sœur Marthe et de son frère Lazare pratiquait l’hospitalité. Mais relevée de ses fautes par le Christ, elle n’a cessé de se ressourcer auprès de lui et de vivre ainsi ses tâches et ses responsabilités sous son regard et avec son soutien.

Marie-Madeleine est également mentionnée comme faisant partie du groupe des femmes qui accompagnait Jésus et les Douze et qui « les aidait de leurs ressources » selon l’indication de saint Luc (8,1-3). Marie-Madeleine apprenait ainsi à se tourner vers le Seigneur dans une relation d’écoute gratuite, à l’image de deux êtres qui se nourrissent de la présence mutuelle. Elle s’est attachée au Seigneur, non simplement pour le don de la guérison et de l’enseignement, mais pour Lui-même. Elle  cherchait ainsi à suivre et à servir le Christ non à la force des poignets, mais avec l’amour du Christ en elle.

Au matin de Pâques, elle aura ainsi pu le reconnaître au simple fait qu’il avait prononcé son nom : « Marie ». Et elle courut une deuxième fois vers les apôtres pour leur annoncer la Bonne nouvelle sans se préoccuper de l’accueil. Car elle n’était dorénavant plus seule, mais habitée par le Ressuscité. Elle n’était plus centrée sur elle, mais disposée à le laisser agir selon son bon plaisir.

Chaque baptisé est appelé par le Christ à devenir témoin de sa résurrection. Marie-Madeleine nous apprend à le devenir en vivant un lien de connaissance et d’amour avec le Seigneur. Comme elle, nous avons à découvrir qu’il ne s’agit pas tant d’aimer comme Dieu, que de laisser Dieu aimer en nous. Son amour est fidèle et plus fort que le mal et la mort. Il l’a montré par la mort et la résurrection de son Fils.

Alors puisons à l’amour de Dieu pour vivre en ressuscités. Vivons de cet amour pour être les témoins de la victoire du Christ et pour répandre la vie nouvelle dans les cœurs autour de nous.

Déjà, comme nous y invite le chant introductif à l’évangile Victimae Paschali, nous pouvons proclamer avec sainte Marie-Madeleine : « Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! ».

 

+ Vincent Dollmann

Archevêque de Cambrai

Article publié par Service communication • Publié le Mercredi 24 avril 2019 - 10h25 • 88 visites

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