Homélies et prédications
28 juin 2026 - 15h00 Cathédrale, Cambrai
Homélie - Ordination presbytérale de Clément de Blic

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » (Cf. Jn 21,15).  Par trois fois, Jésus ressuscité pose la question à Pierre son apôtre. Jésus le renvoie à son triple reniement pour le mettre en face de sa responsabilité et lui permettre de se laisser pardonner par l’amour de Dieu qu’il a porté au monde.

A travers ce pardon que Pierre accueille, Jésus veut également le rétablir dans sa mission de chef des apôtres et de l’Eglise.

Comme saint Pierre et comme saint Paul auquel le Christ s’est révélé alors qu’il était rempli de haine contre les chrétiens, tout homme petit ou grand est appelé à s’ouvrir au regard aimant de Dieu manifesté en Jésus, un regard qui ne se lasse pas de pardonner et de relever.

Pour les deux apôtres et à leur suite les évêques et les prêtres, la mission consistera à aider les hommes à s’ouvrir à leur tour à l’amour du Christ et les baptisés à y demeurer fidèles par l’écoute et le service de l’Evangile.

 

A l’heure où les diocèses sont engagés dans des réorganisations de leurs paroisses et de leurs services, il est important de ne pas en oublier le but : permettre aux chrétiens de vivre du Christ, de laisser le Christ habiter tous les domaines de leur existence. Quand Jésus interroge Pierre par trois fois, « m’aimes-tu ? », il veut interpeller tout son être, corps, âme et esprit. Le prêtre quelles que soient ses missions, doit pouvoir garder à cœur de relayer cette question à travers l’écoute et l’accompagnement des personnes. Saint Pierre l’illustre admirablement dans la rencontre personnelle avec l’infirme de la Belle Porte. Alors qu’il monte au Temple pour la prière, Pierre se laisse interpeler par la personne qui lui demande l’aumône. Ayant été lui-même guéri et relevé par l’amour du Seigneur, il lui dit : « Ce que j’ai-je te le donne : au nom de Jésus Christ […] lève-toi et marche » (Ac 3,6).

 

Au cœur des activités pastorales, il nous faut garder cette attention à porter aux personnes l’amour du Christ qui éclaire les consciences et fortifie les volontés. Face à une demande accrue de formation notamment de la part des catéchumènes, le prêtre ne peut pas s’en remettre uniquement aux théologiens. Il a par l’ordination la responsabilité de veiller à ce que les personnes aient accès à une formation qui fortifie l’attachement au Christ et à son Eglise. Tous les prêtres n’ont pas forcément le charisme de l’enseignement ; mais chaque prêtre devrait pouvoir dans ses responsabilités dégager du temps pour la relation personnelle, que ce soit par l’accueil pour l’écoute et la confession ou encore par la visite des malades et des familles.

 

Déjà en 1975, le Pape Paul VI dans son Exhortation sur l’évangélisation, soulignait l’urgence de « […] cette forme d’annonce par laquelle la conscience personnelle d’un homme est atteinte, touchée par une parole tout à fait extraordinaire qu’il reçoit d’un autre » (Evangelii Nuntiandi, n.46). L’évangélisation des consciences devient une urgence, notamment à l’heure où la vie des plus vulnérables est objet de débat et où la justice et la paix se fragilisent.

Nous y sommes encouragés par le témoignage des saints, notamment des martyrs.

Il y quelques jours, ici à Cambrai, des représentants de la ville et de la communauté chrétienne ont dévoilé une plaque au cimetière de la Porte Notre-Dame rappelant l’exécution de quatre religieuses, Filles de la charité, le 26 juin 1794. Le tribunal les avait jugées comme « pieuses contre-révolutionnaires ». Elles préféraient en effet demeurer fidèles à leur conscience éclairée par la lumière de l’Evangile. Elles ont ainsi poursuivi leur mission de consacrées jusqu’à la mort, consolant les personnes et priant avec elles, la Vierge Marie. La fécondité de leur sacrifice fut immédiate ; selon leur prédiction, elles étaient en effet les dernières à avoir été guillotinées à Cambrai. Et elles demeurent pour nous un modèle et un soutien pour laisser le Christ seul éclairer et conduire notre vie.

 

« Pierre m’aimes-tu ? ». Jésus vous pose aujourd’hui cette question, à vous Clement qui allez être ordonné et à vous Don Bruno qui avez été ordonné la semaine dernière. Comme prêtres vous aurez à relayer cet appel du Christ, auprès de ceux vers lesquels vous serez envoyés. Et vous aurez également à soutenir leur réponse.

Que ce soit à la suite des saints Pierre et Paul, un oui total, de votre bouche et de votre cœur. Alors comme pour les saints apôtres, le Seigneur vous révèlera chaque jour son amour en redisant : « Sois le berger de mes brebis […] suis-moi » (Jn 21,17.19).

Article publié par Service communication • Publié le Lundi 29 juin 2026 • 135 visites

Nous suivre
Sur les réseaux sociaux
Rechercher
Se connecter
Devenir membre