Vigile de Pâque 2026
Si la mort de Jésus est inscrite dans le déroulement de l’Histoire de l’humanité, sa résurrection le dépasse et le bouscule. Ceux qui ont accueilli les signes du tombeau vide et des apparitions de Jésus ressuscité, savent que désormais l’Histoire est définitivement tournée vers la vie en Dieu. La lumière de la résurrection de Jésus en éclaire le chemin.
Certes, l’Histoire se poursuit ballotée entre les aspirations de paix et de fraternité et les tentations de violence et de haine. Après les tenants des idéologies matérialistes de gauche comme de droite, ceux du progrès scientifique découvrent qu’ils ne peuvent relever le défi d’un monde meilleur. Nous découvrons avec stupeur que dans notre cité paisible de Cambrai, une personne comme Joseph qui dormait dans la rue, pouvait être battue à mort.
Seul Dieu peut sauver.
Seul l’homme qui laisse la lumière de la résurrection éclairer sa vie, même par une lueur ténue, peut soutenir la marche de l’Histoire vers un monde meilleur, un monde que Dieu a préparé et qui n’aura pas de fin.
Jour de Pâques 2026
« Celui que les siens ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour » (Ac 10,39-40). C’est avec ces mots que saint Pierre a annoncé la foi de Pâques au centurion romain et à toute sa famille. Jésus ressuscité est bien celui qui est mort sur la croix, il est comme l’affirme saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens, « notre agneau pascal immolé » (Cf. 1Co 5,7). Ainsi quand il apparait à ses disciples, il peut leur montrer les marques de sa passion sur son corps transfiguré.
C’est ensemble, la mort et la résurrection de Jésus qui nous obtiennent la vie. La croix de Jésus indique que nous sommes sauvés par l’offrande de son amour, et elle nous convie à vivre de cet amour dans toutes les situations jusqu’au dernier souffle. La résurrection de Jésus atteste que son amour est victorieux de tout mal et de la mort même, elle nous convie à placer notre espérance en Jésus.
Le Christ ressuscité est le sauveur de l’humanité parce qu’il est allé jusqu’à la croix. Lui seul peut nous dire : « Je te comprends. Bien plus, vois mes mains et mon côté transpercés. Je te propose mon amour, un amour qui te conduit vers la vie ».
La mort et la résurrection de Jésus éclairent de la lumière de l’espérance l’ensemble de l’existence humaine, avec ses joies mais aussi avec ses épreuves, et elles donnent à la vie humaine de sa conception jusqu’au dernier souffle une incomparable valeur. Le Christ mort et ressuscité demeure lié à chacun d’entre nous jusque dans la maladie et la vieillesse.
Avec les hommes de bonne volonté, nous avons à respecter la vie de toute personne, quel que soit sa condition sociale ou son état de santé. Eclairés par la foi de Pâques, il nous faut aller plus loin : manifester la proximité du Christ ressuscité auprès de chaque personne, particulièrement celle qui souffre dans son âme ou dans son corps et relayer l’appel du Christ à vivre de son amour qui remplit une existence et qui l’ouvre au don de la vie éternelle.
C’est au nom de cette foi que les religieuses au service des personnes malades et âgées se battent contre le projet de loi sur l’euthanasie en France. Elles demandent au minimum que leurs institutions puissent garder la liberté de rester un lieu de vie. Ce que le projet de loi ne garantit pas à l’heure actuelle.
J’ai récemment lu le témoignage de Sœur Bénédicte de la Congrégation des Petites Sœurs des Pauvres. Âgée de 58 ans, elle est atteinte d’un cancer en phase terminale. Elle interroge nos consciences : « Ce soutien des proches et du personnel médical qui me donne de dépasser les vagues dépressives dans cet état si ambivalent de la fin de vie, va-t-il devenir un délit d’entrave puni par la loi ? […] Plus encore, un poids nouveau, plus radical s’ajoute à ma situation et insinue en moi son poison : à travers la loi, la société elle-même me signale la porte de sortie. Certainement que je pèse, je coûte cher à la sécurité sociale, je ferais mieux d’en finir ? ».
Au nom de leur foi en Jésus mort et ressuscité, les chrétiens engagés dans le monde de la santé ne pourront jamais accepter de donner la mort. Et nous, au nom de cette même foi, nous avons le devoir de nous tenir aux côtés de nos communautés religieuses et de la majorité du corps médical qui veulent continuer à soigner et à accompagner les personnes jusqu’au dernier souffle.
Puissions-nous avec saint Pierre être des témoins de l’évangile de la vie. En évoquant sa rencontre du Christ ressuscité dans le partage d’un repas, l’apôtre nous invite à puiser le courage dans l’eucharistie qui nous donne part à la vie du Christ ressuscité.