Message de Carême de Mgr Dollmann

En route avec le Christ éclairés par la lumière de sa résurrection et fortifiés par le don de sa vie en croix

Les évangiles du dimanche :

Entrer dans la joie de la bonne nouvelle de Jésus mort et ressuscité pour nous

En cette année liturgique avec l’évangile selon saint Marc, le Carême nous offre d’abord de méditer les passages de la Tentation de Jésus au désert le 1er dimanche et de sa Transfiguration le 2ème dimanche.
Saint Marc ne fait qu’évoquer les tentations pour s’attarder sur l’identité de Jésus : il est le nouvel Adam qui rétablit un univers réconcilié, en paix avec les bêtes sauvages et en communion avec Dieu, il est le nouveau Moïse qui appelle l’ensemble des hommes à accueillir le Règne de Dieu (Mc 1,12-15).
Le récit de la Transfiguration fait contempler Jésus comme le Fils bien-aimé de Dieu et le Fils de l’homme appelé à ressusciter d’entre les morts (Mc 9,2-10).

Avec les trois dimanches suivants, nous passons cette année à l’évangile selon saint Jean. Nous poursuivrons l’approfondissement de notre foi en Jésus à partir de sa mort en croix :
Le 3ème dimanche, le récit de la Purification du Temple rapporte l’annonce par Jésus de sa mort et sa résurrection : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai » (Jn 2,19).
Le 4ème dimanche, lors de son entretien avec Nicodème, Jésus affirme qu’il est dans le plan de Dieu « que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle » (Jn 3,14-15).
Et le 5ème dimanche, la venue de Grecs cherchant à voir Jésus, le provoque à révéler à ses disciples que l’Heure de sa mort est arrivée. Et s’appuyant sur l’image du grain de blé, tombé en terre, il en indique la fécondité : « Maintenant le prince de monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurais été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,31-32).

 

Le contexte de crise sanitaire et économique

Entendre l’appel à plus d’humilité, de proximité et d’intériorité

La crise actuelle est également une épreuve spirituelle qui nous amène à nous poser les questions radicales du sens de la vie et de la présence de Dieu.
J’ai reçu l’une ou l’autre lettre me partageant les interrogations voire le désarroi ; je pense à cette personne qui veut être radiée du registre des baptêmes parce que sa lecture de la Bible durant les derniers confinements a fait apparaître les contradictions entre l’exigence de son message et la tiédeur des croyants.

Pour d’autres, cette épreuve renforce le désir de suivre le Christ, en témoignent les 62 catéchumènes qui sont appelés à être baptisés à Pâques dans notre diocèse ou encore la dizaine d’adultes que je prépare à la confirmation dans le cadre de ma visite pastorale dans le doyenné des Marches du Hainaut. Nous pourrions citer d’autres exemples.

Au coeur de l’épreuve, l’appel du Christ que nous entendrons le 1er dimanche de Carême, traverse les siècles pour nous rejoindre dans toute sa force et sa nouveauté : « Les temps sont accomplis : le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile » (Mc 1,15).

Avec nos contemporains, la conversion la plus difficile est celle du décentrement de nous-mêmes, décentrement de notre savoir et de notre quête à tout manipuler, décentrement de notre course à la consommation. Il nous faut apprendre à renouer avec la vertu d’humilité qui est la force et la joie des saints. Elle s’acquiert par l’entrainement à l’émerveillement devant la beauté de la création et devant le bien réalisé par des personnes dans la société comme dans l’Eglise. Ce serait un bel effort de Carême qui produirait sûrement des fruits de paix et de joie en nous et autour de nous. Cet émerveillement devient alors prière d’action de grâce. Celle-ci est étroitement liée à la prière d’intercession, en témoignent les psaumes que le Christ n’a cessé de prier jusque dans sa mort.

La pandémie actuelle a également fait ressortir le besoin vital de liens personnels de proximité que les moyens de communication ne peuvent remplacer. Le Carême est un temps favorable pour dégager des temps gratuits d’écoute et de partage au sein de nos relations en famille, avec le voisinage et dans les communautés. C’est l’occasion de s’intéresser aux joies et aux peines de ceux qui nous entourent, c’est l’occasion de faire la visite tant de fois reportée, à telle personne seule ou malade…

Le Carême demeure avant tout un temps béni pour goûter à la joie d’être entre les mains de Dieu et d’être appelé à partager sa vie pour toujours. C’est l’occasion de dégager du temps pour la lecture de la Parole de Dieu et l’approfondissement de la foi. Cela peut commencer en famille en regardant ensemble un film sur l’Histoire Sainte ou la vie d’un saint. La créativité qui anime les paroisses et les services diocésains permet à chacun d’être soutenu dans son désir de vivre le Carême comme un temps de renouveau de la foi.

 

La Parole de Dieu et le sacrement de la réconciliation

Accueillir les soutiens du Christ ressuscité

Pour bien entrer dans l’esprit du Carême, nous pourrions lire le Message du Pape François. En rappelant que « l’itinéraire du Carême, comme l’itinéraire chrétien, est déjà entièrement placé sous la lumière de la résurrection », le Pape invite à approfondir les trois vertus théologales, de la foi, de l’espérance et de la charité.
Nous pouvons ensuite choisir de lire durant le Carême l’évangile de Marc. Il peut être intéressant de porter l’attention sur un des thèmes chers à l’évangéliste. Dans les éditoriaux de la revue Eglise de Cambrai de janvier, février et mars, je propose quelques pistes autour de l’identité de Jésus, de son lien aux disciples et de son message adressé à toute l’humanité.

Habités par le désir de mieux suivre le Christ, nous pourrons nous approcher du sacrement de la réconciliation. Il nous a été donné par le Christ lui-même, le jour de sa résurrection comme un avant-goût de la joie du ciel.

A côté de ces propositions, j’ajoute les nombreuses initiatives diocésaines : le livret Un quart d’heure pour Dieu ; la campagne du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) ; les initiatives des services diocésains, des doyennés et paroisses. Le service de communication ne ménage pas ses efforts pour nous les faire connaître à travers la revue diocésaine et le site du diocèse.

 

Le Carême englobe le mois de mars dédié à saint Joseph. Le Pape François a ouvert le 8 décembre dernier une année jubilaire en son honneur, il conclut sa Lettre apostolique par ce souhait qui est le nôtre en ce début de Carême : « Il ne reste qu’à implorer de saint Joseph la grâce des grâces : notre conversion ».

 

croix-mgr croix-mgr  Vincent Dollmann
Archevêque de Cambrai

Article publié par Service com • Publié le Mardi 16 février 2021 • 293 visites

keyboard_arrow_up